Stations d'épurations

station d'épuration

Les traitements d'épuration des eaux usées sont réalisés dans les stations d'épuration. On y dégrade et sépare les polluants de l'eau (particules et substances dissoutes) par des procédés physiques, chimiques et biologiques, pour ne restituer au milieu aquatique qu'une eau de qualité suffisante au regard de la capacité d'accueil du milieu récepteur.

Une succession de dispositifs sert à extraire petit à petit les polluants contenus dans les eaux. Bien sûr, il existe différents types de stations d'épuration selon la nature du traitement à apporter (une eau n'est pas polluée de la même façon si elle est rejetée par une usine ou si elle sort d'une habitation). On peut d'ailleurs noter que le principe du pollueur-payeur n'est pas encore appliqué dans ce domaine car ce sont les collectivités qui payent pour le fonctionnement des stations et non ceux qui sont responsables de la pollution (si ce n'est par une taxe, qui n'est pas proportionnelle à la pollution apportée...). De façon générale, une station d'épuration couvre les eaux usées de 10 000 foyers.

Dans un premier temps, les dispositifs de prétraitement éliminent les solides. Ceci est réalisé par différentes techniques :

Le dégrillage consiste à faire passer les eaux usées à travers une grille dont les barreaux sont plus ou moins espacés et retiennent les éléments les plus grossiers.

Le dessablage et le dégraissage sont une décantation des eaux: l'eau est quasiment stagnante de façon à ce que les graisses remontent en surface puis soient raclées tandis que les sables sont déposés sur les fonds des bassins et pompés.

Ensuite viennent les traitements primaires et physico-chimiques. Cette étape sert à diminuer un peu plus la présence des matières à même d'être décantées. Un traitement physico-chimique agglomère les particules entre elles (métaux et minéraux) de façon à ce que les amas de particules se déposent sur les fonds des bassins de décantation.

Les traitements biologiques servent à extraire les polluants dissous, en grande partie des matières organiques. Le traitement est fait par des micro-organismes capables d'absorber ces matières. Ceci est fait dans un bassin d'aération: en effet, c'est le développement des bactéries aérobies qui est favorisé (et ces bactéries ont besoin d'oxygène pour se multiplier).

Après cela, une seconde décantation est parfois effectuée de façon à finir d'éliminer les déchets. Puis l'eau est rejetée en milieu naturel.

Les stations d'épuration classiques ne traitent ni les nitrates présents dans l'urine, ni les phosphates présents dans les matières fécales. Elles ne traitent généralement pas plus de 40% des effluents et sont donc basées sur la capacité des rivières à s'auto-épurer. Elles sont chères à construire et à faire fonctionner (électricité, en grande partie nucléaire).

Les systèmes classiques d'épuration individuels (fosse septique puis épandage ou filtre à sable) ont une durée de vie limitée à cause du colmatage, 10 ans maximum pour l'épandage, 8 ans maximum pour le filtre à sable, voire 2 ans seulement en terrain argileux.

5 à 10 % de l'azote contenu dans les eaux quittent la station d'épuration pour asphyxier la rivière qui reçoit les eaux épurées. Le restant de l'azote se trouve dans les boues d'épuration, sous forme organique, et en grande partie minéralisée. Les boues épandues sur les terres agricoles n'attendent que les premières pluies pour lâcher les nitrates qui s'infiltreront dans les eaux souterraines ou ruisselleront vers la rivière.

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