Au jardin

L’eau

L’eau de pluie peut naturellement être récupérée à partir des gouttières dans des bacs, ou même des citernes enterrée. L’eau de pluie récupérée sert à l’arrosage des plantes, du jardin, à l’entretien extérieur (lavage de terrasse, vélo, chien ...).

Il est même possible d’alimenter les WC, la machine à laver …

L’arrosage du jardin l‘été, se fait à la tombée du jour, ainsi parterres et potagers auront toute la nuit pour s’hydrater. Un bon binage de la terre avant, et l’arrosage sera encore plus efficace. Et puis, le pied des plantes paillé limite l’évaporation et donc la fréquence d’arrosage. Le paillage consiste à couvrir le sol de matière organique (comme des résidus de plante, de la paille ou encore des feuilles).

L’arrosage de la pelouse ou du gazon peut être limité, il vous suffit d’espacer les tontes, une pelouse que l’on laisse poussée devient plus résistante à la sécheresse. Pendant les mois d’été, une tonte/mois et deux tontes/mois au printemps et à l’automne suffisent.

Les mauvaises herbes

Arracher les herbes indésirables quand elles apparaissent, c’est éviter qu’elles ne prolifèrent. Pour lutter naturellement contre ces indésirables, tout comme pour limiter l’arrosage, utilisez le paillage ! En plus de lutter efficacement contre les mauvaises herbes, le paillage protège la terre des agressions du vent ou du soleil. Certains paillages produisent même de l’humus, qui enrichit la terre ! Vous pouvez aussi lutter contre les mauvaises herbes en plantant des variétés de plantes dites « couvre sol ».

Et après tout, qu'est-ce qu'une mauvaise herbe? Aucune herbe n'est "mauvaise". C'est une question de perception. Une pelouse style gazon anglais n’a rien d’écologique. C'est sans doute joli à regarder, mais au niveau biodiversité ? RIEN. Donc une pelouse verte, uniforme et avec une seul espèce végétale qui pousse (l'herbe), c'est incompatible avec la notion d'écologie et demande beaucoup d’entretien.

La meilleure solution, c'est le gazon fleuri. En plus d'être beau, cela permet d'avoir beaucoup plus d'espèces végétales. Moins de tonte, moins d’arrosage et plus de biodiversité.

La biodiversité

Dans le jardin, l'équilibre entre ravageurs et prédateurs repose sur la biodiversité. Pour favoriser la venue des uns et ainsi lutter naturellement contre les autres, il suffit d'un peu d'aménagement ! Les jardins, les terrasses et les balcons représentent un habitat pour les espèces qui y vivent : c’est important, notamment en milieu urbanisé. Pour que les animaux s’y sentent bien, quelques gestes simples :

  • Planter des arbres et des haies aux essences variées et aux floraisons étagées.

Pour assurer une meilleure pollinisation des légumes, des fleurs et des arbres fruitiers, attirer les insectes auxiliaires et les pollinisateurs comme les abeilles, les coccinelles, les chrysopes, et les papillons, préférer des plantes locales, adaptées à votre région et qui ne nécessitent pas de pesticides. Les aromatiques (romarin, thym, lavande …) sont des plus attrayantes et parmi les fleurs, les roses, les tournesols, les œillets.  L'herbe haute est aussi un excellent refuge pour tous ces insectes, d’où l’intérêt comme pour l’arrosage et « la lutte contre les mauvaises herbes » de conserver une parcelle d’herbe haute fleurie qui attirera une faune variée. 

  • Aménager une mare.

La création d’une mare naturelle au jardin. Loin des bassins d’ornement qui piègent la faune, un plan d’eau bien conçu peut devenir refuge et source d’émerveillement. Une mare est une étendue d’eau à renouvellement limité dans laquelle vivent des espèces végétales et animales inféodées. Généralement de petite taille, sa faible profondeur maintient la faune et la flore aquatiques même durant la période hivernale. L’intervention sur la vie aquatique est limitée au strict minimum afin de permettre aux espèces sauvages de s’y développer librement. L’habitat idéal pour les grenouilles, crapauds, tritons qui vous débarrasseront des moustiques.

  • Mettre en place des refuges

Des nichoirs à bonne hauteur pour tenir à distance les chats du coin et mangeoires avec une boule de graisse mélangée à des graines en hiver pour nos amis à plumes

Beaucoup moins fréquents que les nichoirs à oiseaux, mais tout aussi utiles, sont les nids à abeilles solitaires. En effet, rien qu’en France, plusieurs centaines d’espèces d’abeilles sauvages existent qui ne vivent pas en colonie dans une ruche. Ce sont ces espèces qui profiteront d’un tel nid.

Un abri à hérisson, c’est très simple : une caisse retournée recouverte d’un tas de bois lui conviendra parfaitement (ne pas oubliez de laisser une ouverture), non loin de votre compost qui peut faire également un bon refuge pour cet ami du jardin.

Les haies sont des refuges de biodiversité à elles toutes seules : sources de nourriture pendant leur floraison, et abri pour la nidification pendant toute l’année. Oui, mais seulement si les espèces retenues pour leurs compositions sont bien choisies !  Deux recommandations principales pour les jardiniers qui souhaitent reconvertir leurs haies en refuges à biodiversité : 

  1. Choisir des espèces productrices de pollen et de nectar 
  2. Adopter des pratiques d’entretien favorables à la biodiversité 

Les engrais et traitements

La France compte 13 millions de jardiniers amateurs. Nombre d'entre eux utilisent régulièrement des produits phytosanitaires (désherbants, insecticides, fongicides) et des engrais chimiques. La France est le 3e utilisateur mondial de produits phytosanitaires et le 1er européen. 90% de ces produits sont destinés à l'agriculture et 10% à des utilisations diverses (jardin privatif, espace vert, terrain de sport, voirie, réseau SNCF, talus, voies navigables…). L’IFEN a relevé la présence de pesticides sur 91% des points de mesures des cours d'eau et 55% des points de mesure des eaux souterraines en 2007.

Favoriser les engrais naturels

Pour la fertilisation des potagers et jardins d'agrément, il est préconisé de favoriser des produits d’origine végétale ou animale. Ils sont aussi variés que le fumier, la corne broyée, le guano, la poudre d’os… Attention tout de même à respecter les dosages ! Pensez à utiliser le compost réalisé dans votre jardin lors de vos plantations.

Parasites et maladies

Si vous suivez bien nos conseils, grâce à la biodiversité, pourquoi auriez-vous besoin de traitements pour votre jardin ?

Avant tout traitement, respectez ces points essentiels :

  • Réalisation de son propre compost (sert d’engrais)
  • Pose de paillages (favorise la biodiversité, limite l’arrosage et lutte contre les herbes indésirable)
  • Mise en place d'abris pour les insectes auxiliaires (favorise la pollinisation, lutte contre les parasites)
  • Respect de la biodiversité

L'observation et la prévention avant toute action : l'apparition d'un insecte indésirable n'enclenche pas de suite un traitement. Celui-ci n'intervient que si l'équilibre ne revient pas naturellement et que les récoltes sont mises sérieusement en danger.

Le test pour une plante en bonne santé c’est de pouvoir résister sans traitement. Un puceron sélectionne les plantes attractives (sucs et protéines) pour les lui piquer !! Quand une plante a avalé trop de ces éléments le puceron va venir réguler ces excès. La présence d’un parasite signifie un problème physiologique de la plante qui peut être dû au climat : stress hydrique, au sol : trop de calcaire.

Pourquoi une macération d’ortie ne serait-elle pas également minéralisante pour les plantes qu’une tisane d’ortie l’est pour nous ? Il ne viendrait à l’idée de personne de se faire une tisane de pesticide alors que cela est dit bon pour la plante ! Le pesticide actif contre un parasite perturbe le métabolisme de la plante qui devient sensible à un autre parasite. Exemple : une plante traitée au fongicide voit arriver beaucoup de pucerons,  la vigne traitée anti-mildiou voit arriver une surpopulation d’oïdium.

Si malgré tout, vous avez besoin de traiter, il existe de nombreuses concoctions naturelles à réaliser vous-même pour un traitement écologique. Parmi elles « la bouillie bordelaise ». La fertilisation organique joue un rôle régulateur du métabolisme de la plante. 6 oligoéléments : soufre, cuivre, manganèse, fer, molybdène, magnésium. La bouillie bordelaise contient cuivre et soufre.

Faire se succéder les familles botaniques

C’est rompre les cycles de parasites. Il faut favoriser la protection mutuelle des plantes, avec l’association légumineuse/autres plantes :

  • Les légumineuses apportent l’azote aux autres.
  • Les plantes aromatiques sont soit répulsives soit attractives.
  • Les soucis attirent les prédateurs des pucerons.
  • Le blé semé avec des bleuets produit 14 % de + qu’un champ désherbé.
  • L’association ail/fraise : l’ail renforce la saveur des fraises grâce aux exsudations racinaires. Les exsudations racinaires peuvent protéger les plantes compagnes.

J’ai lu quelque part « Le meilleur traitement qu’une plante peut recevoir en dehors du compost est le rayonnement sous forme d’amour en la cultivant ».

Commentaire (1)

1. Jeannine Le 07/05/2010 à 08:54

Bonjour à l'équipe,aux lectrices et lecteurs.Je tiens à vous remercier de nous donner l'occasion de nous exprimer.A 78ans,il n'est pas facile d'apprivoiser l'informatique et ce merveilleux outil qu'est le web.Ce que vous appelez "écologie" ou protection de l'environnement est tout simplement du bon sens.Ce que vous décrivez fort bien sont ni plus ni moins que les techniques ancestrales que nous employons depuis toujours et qui se sont perdus avec l'arrivée des industries pétro-chimiques.Continuez votre combat,que les générations futures soient fières de vous. Merci.
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