L'eau de pluie

Comme nous l'avons vu au jardin, il est possible et surtout utile de récupérer l'eau de pluie, ne serait-ce que pour l'arrosage des plantes et du jardin.

Mais il est aussi possible de la récupérer pour alimenter les WC et le lave linge, en l'état actuel de la législation française, il n'est pas possible d'en faire d'autre usage, pourtant la récupération de l'eau de pluie pourrait servir à alimenter toute la maison (même en eau potable) avec un système de récupération et filtration adéquate.

Seulement voilà, les lobbyistes de l'eau auraient un manque à gagner, et aucun gouvernement ne voudrait contrarier les compagnies de traitement et de distribution d'eau, domaine réservé de trois puissantes firmes : Véolia, Suez et Saur, qui se donnent un mal fou pour choyer les élus.

Analyses

  • pH (potentiel hydrogène mesure l'activité chimique des ions hydrogènes en solution)

Eau de pluie 7 à 8            Eau potable 6.5 à 9.2*

  • Ca2+ (calcium)

Eau de pluie 21 mg/L       Eau potable 270 mg/L*

  • Na+ (sodium)

Eau de pluie 1.6 mg/L      Eau potable 150 mg/L*

  • K+ (potassium)

Eau de pluie 0.8 mg/L     Eau potable 12 mg/L*

  • SO42- (sulfate)

Eau de pluie 9.5 mg/L     Eau potable 250 mg/L*

  • Cl- (chlorure)

Eau de pluie 9 mg/L        Eau potable 200 mg/L*

  • NO3- (nitrate)

Eau de pluie 6 mg/L        Eau potable 0 mg/L*

*Normes maximales pour une eau potable

On constate que l'eau de pluie a des caractéristiques biochimiques assez proches d'une eau potable et même biocompatible sans aucun traitement. Néanmoins, il existe une relative contamination de l'eau de pluie au contact de gaz (oxydes d'azote, de soufre), de particules souvent riches en matériaux lourds et des différents aérosols relâchés par les activités humaines, ainsi qu'un grand nombre de bactéries banales et parfois un petit nombre de bactéries pathogènes.

Bien que l'utilisation de l'eau de pluie fasse partie intégrante de la gestion durable de l'eau, elle devient une activité incivique dans le contexte légal actuel. En effet, lorsque on utilise l'eau de pluie et qu'on déverse ses eaux usées dans les égouts, on ne participe pas à l'effort collectif d'épuration en continuant à polluer. En dépit des discours sur les économies d'eau, ni l'administration à cause du manque de recettes fiscales, ni les sociétés distributrices d'eau en raison de la diminution du chiffre d'affaires, ne peuvent recommander sans réserves ou arrière-pensée l'usage de l'eau de pluie.

Si l'usager découvre les avantages de l'eau de pluie et que l'utilisation se généralise malgré les mises en garde des instances officielles, alors la diminution de la consommation d'eau de ville, entrainera l'augmentation du prix de l'eau, ce qui rendra encore plus attractif l'eau de pluie. Afin de maintenir les recettes fiscales, les administrations seront tentées de taxer l'eau de pluie. On taxera ainsi une pratique qui préserve nos ressources et diminue la pollution à la source. Cette taxation de l'eau de pluie ne serait logique que dans un système légal absurde qui fait payer l'eau à la place de l'assainissement.

Commentaires (2)

1. Sandrine 01/06/2010

Merci pour toutes ces infos utiles, je vais faire un lien depuis mon site de moto de collection pour en faire profiter mes visiteurs

2. Paul 21/05/2010

Veolia Environnement est bien parti pour remporter le contrat de distribution de l'eau en Ile-de-France, le plus important contrat de délégation de service public en Europe, qui concernera quelque 4 millions d'usagers.Le contrat, qui porte sur l'approvisionnement de l'eau potable dans 144 communes franciliennes (hors Paris), est le plus gros du genre en Europe. D'un montant actuel de 371 millions d'euros par an, il est attribué depuis 1923 à Veolia (ex-Générale des Eaux). La dernière attribution remonte à 1962.

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