C'est quoi?

Biocarburants : de quoi parle-t-on ?

Les biocarburants sont des carburants d’origine agricole. Ils sont obtenus à partir de matières organiques végétales ou animales, appelées encore biomasse, et utilisés dans les moteurs. On différencie trois grandes classes de biocarburants selon la matière végétale ou animale utilisée :

  • Les biocarburants issus des plantes oléagineuses (contenant de l’huile)comme le colza ou le tournesol peuvent prendre deux formes différentes :
  1. les huiles végétales, aussi appelées « huiles pures », obtenues par simple pressage des graines ;
  2. les esters méthyliques d’huile végétale (EMHV) appelés aussi Diester ou biodiesel,issus de la transformation chimique de ces huiles.
  • Les biocarburants obtenus à partir d’alcool produit avec des plantes contenant du sucre (betterave, canne à sucre) ou de l’amidon (blé par exemple) : le bioéthanol ou son dérivé l’ETBE (éther).
  • Les biocarburants produits, sous forme gazeuse, par fermentation sans oxygène de toute matière organique (déchets alimentaire, déchets végétaux, culture…) : ce biogaz (méthane) peut s’utiliser directement une fois purifié, comme le gaz naturel véhicule (GNV).

En France, les biocarburants sont principalement utilisés en mélanges avec des carburants fossiles. Ces mélanges peuvent être plus ou moins riches en biocarburants :

  • ils sont principalement introduits en faible quantité (à hauteur d’environ 0,96 % en valeur énergétique) dans les essences et gazoles, en tant que composants de formulation aux qualités techniques reconnues et pour leur contribution directe ou indirecte à la réduction de certaines émissions polluantes. Le mélange est effectué directement dans les raffineries et livré dans toutes les stations services.
  • ils sont mélangés, en tant que co-carburants jusqu’à 30%, pour être utilisés dans des flottes captives (bus, véhicules utilitaires...). C’est notamment le cas de l’ester méthylique d’huiles végétales (Diester).
  • Le développement de l’E85 va permettre de mettre sur le marché un nouveau type de produit dans lequel les biocarburants sont majoritaires (85% de bioéthanol en volume).
  • L'utilisation des huiles pures est uniquement autorisée pour les agriculteurs, les pêchers et les flottes des collectivités (hors transports de voyageurs).

Biocarburants : un moyen de lutter contre le changement climatique et la pollution de l’air

  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre

Le CO2 (dioxyde de carbone) rejeté lors de la combustion des biocarburants est en grande partie absorbé lors de la croissance des plantes qui servent à le fabriquer. Comme tous les produits issus de la biomasse, on considère donc que leurs émissions de CO2 sont nulles.

En outre, en 2002, l’ADEME et le ministère de l’Industrie ont fait réaliser une étude l'analyse du cycle de vie (ACV) des différents carburants qui ne se limite pas aux émissions résultant de l’utilisation des carburants mais qui intègre aussi celles liées à l’ensemble de leur processus de fabrication (production, transport, transformation, distribution). Cet ACV a permis de comparer leurs émissions de gaz à effet de serre et leur rendement énergétique (plus le rendement est élevé, moins d’énergie fossile est nécessaire à la production du carburant) :

Les résultats ont montré un réel avantage des biocarburants :

  1. Par rapport à la filière gazole, la filière EMHV (de la production à l’utilisation) produit 3,5 fois moins de gaz à effet de serre et a un rendement énergétique 3,3 fois supérieur.
  2. Par rapport à la filière essence, la filière éthanol (de la production à l’utilisation) produit 2,5 fois moins de gaz à effet de serre (60 %) et a un rendement énergétique 2,3 fois supérieur. En revanche, concernant l’ETBE, éther obtenu à partir d’éthanol, la réduction des gaz à effet de serre est très faible et le rendement énergétique est à peine supérieur à 1.

Une étude comparative, pilotée par l’ADEME, de l’ensemble des analyses de cycle de vie menées au niveau mondial a confirmé les ordres de grandeur de ces résultats. Certaines études concluent a un avantage moins important pour l’éthanol ; cette diversité des résultats s’explique en majeure partie par des différences méthodologiques ou d’hypothèses mais le bilan de la filière éthanol reste toujours positif par rapport aux carburants d’origine fossile quelles que soient les études.

  • Réduction de la pollution locale

Par ailleurs, les biocarburants ont aussi des impacts positifs sur la pollution locale de l’air. La présence d’oxygène dans les biocarburants améliore leur combustion et permet de réduire ainsi la quantité de particules, de monoxyde de carbone et de la plus part des polluants émis. De plus, ces carburants ne contiennent pas de soufre. L’utilisation des biocarburants a donc globalement des effets positifs sur l’air et le climat. Mais il faut veiller également à ce que leur mode de production soit respectueux de l’environnement : mode de culture, usage de pesticide, irrigation, méthode de raffinage…

En France, le secteur des transports est responsable des 26 % des émissions nationales de gaz à effet de serre. L’utilisation des biocarburants fait partie des solutions à mettre en oeuvre pour réduire l’impact de ce secteur. Il existe d’autres pistes de développement comme les véhicules propres mais le développement des biocarburants est la solution la plus immédiate. De plus, ils représentent aussi un élément de réponse à l’augmentation du coût des carburants et à la baisse des réserves pétrolières.

Source: ADEME H & B Communication Nadège Chapelin – Claudia Berthol

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