Les différentes techniques de gestion des déchets organiques ménagers
Chaque Plan Départemental d'Elimination des Déchets Ménagers et Assimilés, doit choisir une ou des techniques de traitement, avec le souci d'une rationalisation de la logistique globale des techniques de traitement final, adoptés.
Les traitements biologiques
Les traitements biologiques ont pour effet de transformer les matières fermentescibles en un produit plus stable, susceptible d'être utilisé en tant qu'amendement organique ou support de culture. Deux modes de dégradations de la matière organique sont possibles : en présence d'oxygène (aérobiose), il s’agit du compostage et en absence d'oxygène (anaérobiose), il s’agit de la méthanisation.
Traitement par aérobiose
Le compostage individuel fait partie des actions de prévention pour limiter la quantité de déchets organiques à collecter auprès des ménages. C’est celui que vous pouvez faire chez vous.
Le compostage des déchets organiques des ménages a connu un développement important en France depuis une dizaine d'années, ce qui a permis de montrer les potentialités de tels composts produits à partir de déchets "propres". La collecte séparative des déchets organiques ménager permettant donc d'obtenir un déchet "propre", le compostage bien maîtrisé peut parfaitement répondre aux exigences de qualité affichées par le milieu agricole.
Ce procédé nécessite des équipements de compostage "relativement" légers. Ils peuvent être de petite taille, et décentralisés, de façon à rester proches des débouchés et à limiter les transports.
Principes généraux du compostage
Le compostage est un procédé de traitement biologique aérobie (en présence d’oxygène) des matières fermentescibles dans des conditions contrôlées.
Il produit du gaz carbonique, de la chaleur et un résidu organique stabilisé riche en composés humiques : le compost.
Les intérêts du compostage
Recyclage des déchets organiques et production d’un compost de qualité, il permet ainsi de répondre aux dispositions de la directive européenne du 26 avril 1999, relative à la mise en décharge des déchets ménagers et assimilés, qui prévoit la réduction progressive des déchets biodégradables stockés en décharge.
Procédé pouvant être mis en œuvre à toutes les échelles, à la fois dans des petites, moyennes et grandes collectivités, permettant donc une gestion locale de proximité d'une partie des déchets pour des zones éloignées géographiquement des grands centres.
Rôle pédagogique vis-à-vis des habitants dans le cas notamment de la mise en œuvre du compostage individuel ou du compostage de quartier.
Les contraintes du compostage
L’existence de débouchés suffisants pour le compost constitue une contrainte majeure, d'autant plus forte que la taille de l'installation est importante. Il est également nécessaire de prendre en compte les contraintes d'environnement de l'installation de compostage (proximité d'habitations, risques d'odeurs.
Les déchets concernés
Le compostage permet de traiter les déchets organiques des collectivités ; ceux-ci sont variés, tant du point de vue de leur origine que de leurs caractéristiques :
Pour les ordures ménagères il est donc impératif de mettre en place une collecte sélective de la fraction organique des ordures ménagères pour produire un compost de qualité. Une complémentarité ou un regroupement entre déchets de diverses origines peut être nécessaire pour optimiser les conditions techniques du compostage ou recherchée pour rendre l'opération techniquement et économiquement acceptable sur une même unité de compostage. On parle alors de co-compostage.
Traitement par anaérobiose
La méthanisation consiste en une fermentation anaérobie de matières. Cela consiste en une fermentation anaérobie de matières ou déchets organiques, qui conduit à la production de biogaz et de digestat.
Appliquée à des effluents d’élevage et aux déchets organiques ménagers, la méthanisation en digesteur présente le double intérêt de produire de l’énergie et de réduire les inévitables émissions de méthane à l’atmosphère qui se produisent lors du stockage de ces matières.
Le méthane : C'est un puissant gaz à effet de serre dont il convient de réduire les émissions non maîtrisées ou d’optimiser le captage.
Le biogaz : Riche en méthane, le biogaz constitue un combustible intéressant. Il est, dans la plupart des installations existantes, valorisé par combustion dans un moteur pour produire de l’électricité, mais il peut également, après épuration et élimination du gaz carbonique qu’il contient, être utilisé comme carburant ou être injecté dans le réseau de gaz naturel, ce qui constitue une valorisation plus intéressante. L’injection dans le réseau n’est pas encore effective en France, mais le récent avis de l’AFSSET (debut 2009) sur son innocuité devrait rendre possible cette utilisation.
Le digestat : C’est un résidu liquide ou solide issu de la méthanisation, peut être utilisé en épandage sur terres agricoles en substitution à un amendement organique ou à un engrais liquide lorsque sa qualité respecte la réglementation en la matière.
La méthanisation en France
La méthanisation connaît un développement notable en France depuis l’augmentation du tarif de rachat de l’électricité en juillet 2006. Le recensement, effectué en octobre 2008 par le ministère du Développement durable, indique ainsi que 15 installations étaient à cette date en fonctionnement et 205 en projet à des stades variables d’avancement, chiffres qui ne prennent pas en compte les installations de traitement de boues d’épuration ou de déchets industriels. Près des trois-quarts des projets concernent des installations de taille moyenne visant quasi exclusivement le traitement d’effluents d’élevage et de résidus de cultures. Les autres installations sont de taille plus importante, et consistent majoritairement, soit en des installations ou projets industriels de traitement de déchets ménagers, soit en des projets collectifs visant le traitement d’une gamme variée de déchets produits sur un territoire.
Perspectives d’évolution
Lors des concertations du Grenelle Environnement, l’enjeu du développement de la méthanisation a été souligné par trois comités opérationnels : énergie, agriculture et déchets. Ce traitement a été reconnu comme un des moyens intéressants permettant de produire de l’énergie de récupération et de valoriser les déchets organiques, ce qui contribue à diminuer les quantités de déchets éliminés par incinération ou par mise en centre d’enfouissement. Une des conclusions du Grenelle Environnement est qu’il convient d’encourager la méthanisation par des soutiens et un cadre réglementaire adapté. Le tarif de rachat de l’électricité sera prochainement relevé pour les petites installations de méthanisation, et 30 unités de méthanisation pourront bénéficier de financements dans le cadre du plan de relance de l’économie.
Les conditions de développement de la méthanisation
Rentabilité économique
La technique est assez lourde en investissements, et la rentabilité des installations actuelles de méthanisation agricoles repose encore assez largement sur un allègement du coût par des aides à l’investissement et des tarifs de rachat de l’électricité spécifiques. Elle repose également sur une valorisation optimisée (et donc la qualité) du digestat d’une part et de la chaleur produite lors de la production d’électricité d’autre part.
Le cadre réglementaire
La réglementation actuelle est en cours de modification afin de prendre en compte de manière appropriée et spécifique l’existence de telles installations. Il n’existe actuellement pas de rubrique de la nomenclature des installations classées adaptée à la méthanisation et à la combustion spécifique du biogaz. Ce manque est en train d’être comblé, avec le projet de création d’une rubrique de la nomenclature spécifique à la méthanisation et la rédaction d’un arrêté ministériel établissant les prescriptions spécifiques à cette activités en vue de la protection de l’environnement, textes qui font actuellement l’objet d’une large consultation.
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