L'initiative « économie verte » du PNUE, analyse le rôle de l'agriculture durable dans la stimulation des exportations, la production de moyens de subsistance et la création d'emplois dans toute la région. La possibilité de stimuler le secteur prometteur de l'agriculture biologique à travers l'Europe orientale, le Caucase et l'Asie centrale, sera l'objet d'une étude annoncée le 12 avril dernier à Genève par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).
Le PNUE, en partenariat avec la Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique (IFOAM), examinera la situation économique, les moyens de réduire la pauvreté et d'augmenter l'emploi, ainsi que les avantages environnementaux qui pourraient être obtenus en investissant davantage dans l'agriculture durable en Europe orientale, dans le Caucase et en Asie centrale (EOCAC).
Ce dernier projet de l'initiative « économie verte », menée à la demande des ministres de l'environnement de la Commission économique des Nations Unies pour la région européenne, comprendra des analyses sous-régionales et des études nationales en Ukraine, en Arménie et en Moldavie. Des ateliers nationaux seront notamment organisés dans les trois pays afin de consulter la majorité des parties prenantes. Le premier forum a eu lieu le 13 avril, en Arménie.
L'étude, financée par le gouvernement suédois, s'appuiera sur les conclusions d'un rapport du PNUE et de l'Agence européenne pour l'environnement datant de 2007, sur la consommation durable. Ce rapport concluait que la région de l'EOCAC utilisait de très faibles quantités d'engrais synthétique et de pesticides, et que la disponibilité des travailleurs laissait entrevoir une bonne perspective pour la croissance et l'exportation de produits alimentaires biologiques en Europe occidentale.
Selon l'IFOAM, l'agriculture biologique est un secteur qui se développe rapidement dans le monde, avec 35 millions d'hectares de terres agricoles gérées de manière organique par environ 1,4 millions de producteurs dans plus de 150 pays. L'union européenne est l'un des plus grands marchés mondiaux en ce qui concerne les matières organiques, sa croissance est très rapide. Pourtant, le pourcentage des terres agricoles organiques en Ukraine et en Moldavie est inférieur à 1%, tandis que l'agriculture durable ne fait que commencer en Arménie.
Achim Steiner, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur exécutif du PNUE, a déclaré: "L'agriculture biologique peut déclencher des visions politiques fortement polarisée. Parfois présentée comme l'antidote des systèmes modernes d'agriculture intensive, elle est également souvent catégorisée comme un créneau de luxe, pour les rares personnes riches. "Il y a cependant de plus en plus d'évidences, en provenance d'Afrique et d'ailleurs, que l'agriculture biologique puisse jouer un rôle important dans l'alimentation mondiale et dans la réalisation de divers objectifs de durabilité, allant de l'amélioration de la qualité de l'eau et des sols à l'augmentation du taux d'emplois et de conservation de la biodiversité", a-t-il déclaré. "Plusieurs pays d'Europe de l'est, du Caucase et d'Asie centrale produisent déjà des produits biologiques et font partie de l'un des secteurs d'avenir dans le monde. Cette nouvelle initiative vise à entrainer davantage de pays à se lancer ou à augmenter le nombre d'hectares de production biologique, dans une région manifestement à la recherche de solutions durables, d'économie verte", a ajouté M. Steiner.
« Le projet a donc pour ambition d'accroître la sensibilisation aux avantages de l'agriculture biologique et à son potentiel de croissance dans la région, et de développer un soutien politique fort pour plus de programmes nationaux d'agriculture biologique », a précisé le directeur exécutif de l'IFOAM, Markus Arbenz. "La politique de l'initiative « économie verte » de l'ONU s'aligne parfaitement sur les objectifs de l'IFOAM de travailler avec les gouvernements nationaux pour accroître la consommation et les prestations multifonctionnelles de la production biologique, des pratiques commerciales et des systèmes", a déclaré M. Arbenz. «Dans les pays de l'EOCAC en particulier, l'agriculture biologique a souffert d'un manque de soutient politique de la part du gouvernement et de l'absence de systèmes de certification, pourtant elle présente des potentialités importantes. Nous nous félicitons de la possibilité de développer ce secteur de manière stratégique dans la région et, à terme, d'offrir des avantages environnementaux et sociaux à la population locale, "a ajouté M. Arbenz.
Pour garantir la propriété nationale et renforcer les capacités dans la région de l'EOCAC, la recherche et les données de base seront établies par les institutions nationales et des experts en collaboration avec le PNUE et l'IFOAM. Chaque projet national en Ukraine, en Arménie et en Moldavie aura pour objectif de développer un ensemble de réformes politiques, de projets d'investissements et des mesures de renforcement des capacités dans le but favoriser la transition vers une économie verte dominée par l'investissement dans la consommation de biens et services durables, issus du secteur agricole.
Un rapport final devrait être publié en fin 2010.
Source: unep.org
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